COMITE CONSULTATIF SANTE ET BIEN-ETRE DE L’AKC

Sandra Barker,PhD ; Jerold Bell, DVM ; Eddie Dziuk,MBA ; John  Hamil, DVM ; Joan Hendricks, VMD, PhD ; Linda Lord, DVM,PhD ; Colleen O’KEEFE ,DVM,MS ; Patricia Olson, DVM, PhD ; Elaine Ostrander, PhD ; Frances Smith, DVM, PhD, DACT ;

En Octobre 2009, le Comité Santé et Bien-être recevait un courrier de  Jim Crowley sollicitant son avis concernant  la demande d’enregistrement d’un groupe de Dalmatiens dénommés « Back-Cross »-Dalmatiens  ou   Dalmatiens Lua ( taux acide urique bas) .

La question de l’enregistrement des Dalmatiens Lua  a  été un sujet  de débat contradictoire. Le  Comité s’est attaché à s’éloigner de toutes considérations passionnelles ou politiques et donc à ne prendre en considération que les questions de fond suivantes :

  • Les Dalmatiens de cette lignée peuvent-ils être considérés comme des Dalmatiens de « race pure ». ?
  • Quelles sont les connaissances relatives à la concentration élevée d’acide urique chez le Dalmatien ?
  • L’uricolithiase est-elle une pathologie fréquente chez les Dalmatiens ?
  • La haute concentration d’acide urique est-elle un facteur prédisposant à l’uricolithiase ?
  • L’introduction du contingent génétique des Dalmatiens Lua dans le patrimoine des Dalmatiens AKC peut-elle avoir un impact positif sur la santé et le bien-être de la race ?

Les Dalmatiens en question sont-ils des Dalmatiens de « race pure » ?

Dans la phase de recherche relative à l’identification du  gène unique responsable de l’anomalie concernant l’acide urique, une analyse rétrospective des pedigrees des Dalmatiens Lua et des liens de parenté, en  corrélation avec les résultats des analyses d’urine, révèle l’absence d’erreur dans le rapport. Les résultats des tests ADN confirment une corrélation de 100%  entre les pedigrees et les résultats des tests urinaires. Avec plus de 12 générations depuis le croisement unique  datant du début des années 70, les descendants actuels ne peuvent être, à 99,97%  que des Dalmatiens  de « race pure ».On peut affirmer que ce niveau de pureté est celui de la « race pure ».

Quelles sont les connaissances  relatives à la concentration élevée d’acide urique chez le Dalmatien ?

La race est connue pour avoir fixé une anomalie métabolique par laquelle l’acide urique n’est pas efficacement  transformé en Allantoïne. En conséquence, l’urine des Dalmatiens de « pure race » AKC présente une concentration anormalement élevée d’acide urique (hyperuricosurie) à l’origine de la cristallisation de l’acide urique et éventuellement à la formation de calculs. Cette anomalie métabolique  étant supposée déterminée selon les premiers chercheurs par un gène autosomal récessif, au début des années 70, Robert Schaible, PhD a réalisé un simple croisement avec  un Pointer  dans le but d’introduire une copie normale du gène. Des recherches postérieures ont montré que l’impossibilité de convertir l’acide urique en un dérivé soluble est le fruit d’une mutation du gène SLC2A9, gène connu pour être largement  impliqué dans le transport de l’acide urique. Tous les Dalmatiens AKC sont homozygotes pour la mutation du gène SLC2A9.

Les calculs d’urates constituent-ils un problème de santé majeur chez le Dalmatien ?

Les études des laboratoires de l’Université du Minnesota, UC Davis et de l’université de Guelph ont montré que les Dalmatiens présentent un taux significativement plus élevé de calculs d’urates que les autres races avec une incidence nettement plus marquée chez les mâles que chez les femelles .Si la fréquence exacte de l’urolithiase chez le Dalmatien est inconnue, d’après les chiffres publiés, la fréquence des calculs d’urates, d’après un examen  des revues scientifiques, se situerait entre 13,8% et 34,3%..Au Laboratoire d’Urologie du Minnesota, sur une période de 20 ans, 9,095( ?) Dalmatiens ont présentés des calculs d’urates et ce, pour 500 Dalmatiens reçus chaque année dans ce Centre.

De fortes concentrations d’acide urique constituent-elles un facteur prédisposant aux calculs d’urates ?

Il est vrai que si tous les Dalmatiens AKC présentent un fort taux d’acide urique, tous ne fabriquent pas de calculs, tous les calculs ne provoquent pas de blocage de l’urêtre et tous les chiens atteints de blocage de l’urêtre ne justifient pas un traitement chirurgical. Des recherches complémentaires ont été mises en place  pour déterminer si d’autres gènes ou des facteurs d’environnement peuvent influencer la formation de calculs. Cependant, d’après le déterminisme génétique de l’hyperuricosurie chez le Dalmatien et les chiffres concernant la fréquence des calculs d’urates comparée aux autres races, il est manifeste que de fortes concentrations d’acide urique sont un facteur prédisposant  significatif.

L’introduction sélective de Dalmatiens Lua dans le patrimoine génétique des Dalmatiens AKC peut-elle avoir un effet positif sur la santé et le bien-être de la race ?

L’obstruction de l’urêtre par des calculs d’acide urique est aussi un problème significatif chez le Black Russian Terrier et le Bulldog ;la même mutation du gène SLCA29 que le Dalmatien est présente chez les chiens affectés mais sa fréquence  est moindre. Cependant, puisque la mutation n’est pas fixée chez ces races, les éleveurs peuvent utiliser le test génétique disponible pour  n’élever qu’avec des chiens non porteurs, de façon à prévenir la naissance de chiens susceptibles de développer  une urolithiase. Cela permettra de réduire avec le temps la prévalence de l’affection.

Malheureusement, puisque les Dalmatiens AKC sont à 100% homozygotes pour la mutation, la seule possibilité de corriger la maladie génétique est de réintroduire le gène non muté. L’introduction des Lua descendants du Backcross (ceux qui sont hétérozygotes ou homozygotes), donne la possibilité aux éleveurs de réintroduire volontairement le gène normal dans le patrimoine génétique de la race avec pour bénéfice immédiat  la réduction de la concentration  d’acide urique et donc  la formation de calculs.

Recommandation

Puisque l’introduction des Dalmatiens Lua  dans le livre d’origines de l’AKC  offre aux éleveurs une méthode scientifique sérieuse pour agir de façon à réduire l’incidence de la pathologie, le Comité recommande fermement un programme de contrôle pour l’acceptation de ces chiens. La bonne santé et le bien-être de la race étant la préoccupation première, aucun autre argument n’est à exprimer.

Le  principal  danger à la réintroduction du gène SLC2A9 normal est  la vitesse de réintroduction. Toute tentative de réintroduire rapidement le gène SLCA29 normal, résultera en une population de type « culot de portée » par  perte de variabilité génétique  due à la proche parenté des Dalmatiens porteurs du gène normal. Le programme de réintroduction doit être conduit lentement, avec un socle diversifié de pedigrees .La race doit éviter le recours exclusif à quelques « étalons renommés » ce qui serait inévitable avec un programme de réintroduction rapide. Les  éleveurs sont libres de se faire leur propre opinion concernant la réintroduction du gène normal. Cependant ce serait desservir la santé et le bien- être de la race que de ne pas permettre la réintroduction du gène normal.

LUA Dalmatian Selia